Audition à l’aveugle…

Depuis hier l’information circule. Le juge Renaud Van Ruymbeke va auditionner le président de France Télévisions, dans le cadre de l’affaire Bygmalion et de son volet qui concerne de manière de plus en plus pregnante notre société.

Témoin assisté, sera le statut du PDG au début de l’audition.Qu’en sera t-il à la sortie?

Comment imaginer que dans une affaire de soupçons de favoritisme, on puisse être favoriser seul ? Après les mises en examen de Messieurs Carolis, Millot et Pascal, le tour est -il venu de faire entrer dans la danse l’actuelle direction et ses représentants ? L’ancien secrétaire général du groupe parti au ministère de la culture et donc l’actuel président du groupe audiovisuel public ?

Si le juge décidait de mettre en examen le PDG de France Télévisions, que peut-il alors se passer ? La tutelle, le CSA, le Château laisseront-ils faire sous le seul prisme de la présomption d’innocence ? Ou faudra t-il comme nous le disons souvent dans nos reportages que des politiques ou autres se retirent de leurs fonctions pour mieux se défendre ? Le temps politique, le temps médiatique sont bien différents du temps judiciaire.

Tout cela est certes fictionnesque mais diablement possible. A titre personnel, comme salarié de France Télévisions, comme journaliste traitant de la politique intérieure, comme élu du personnel, et enfin comme candidat à la présidence de France Télévisions, je pense que la situation du PDG deviendrait alors intenable.

La semaine qui s’annonce se présente donc  bien comme une semaine cruciale pour que s’ouvre peut-être une séquence inédite dans l’histoire de France Télévisions. Et c’est un acteur qui veut y jouer un rôle, et pas de figurant, qui vous le dit.

Je ne souhaite rien qui puisse encore un peu plus affaiblir l’entreprise qui m’emploie. Je ne souhaite rien qui puisse encore un peu plus ternir son image.

Mais je voudrais comme une grande majorité des salariés que France Télévisions cesse d’être associée à ce qui abime une démocratie. L’opacité, le mensonge, l’argent public dilapidé, les intérêts croisés, et d’autres choses que nous ne savons pas encore dans ce dossier aux multiples facettes.

La suite sera ailleurs, et commentée ici. L’inverse également…

Un mois pour moi

 

Il y’a maintenant un mois, dans le rubrique Rebonds de Libération, je me portais candidat à la Présidence de France Télévisions. La belle affaire. Depuis dans la presse, l’entreprise a, chaque jour, son lot de sales affaires. Mais ce billet du jour n’a qu’un but. Rappeler qu’il est possible d’imaginer une autre télévision publique. Sur le fond, mes propositions viendront, à l’approche de l’ouverture officielle des candidatures, liée sans doute plus au calendrier judiciaire, qu’au timing prévu par les textes , début 2015.

Mais je l’ai déjà écrit ici, c’est la gouvernance qui devra être réformée. Transparence dans les décisions, remise en place du paritarisme entre direction et syndicats, sanctions contre des cadres qui s’éloigneraient de l’exemplarité, respect des textes internes et des lois (discrimination de tous ordres, code du travail bafoué, dilapidation de l’argent public, etc…).

Ma candidature n’a pas pour but de saisir  le pouvoir comme une finalité mais bien d’en faire un moteur pour que la machine retrouve ses rails et avance pour lui redonner de sa superbe. Pas pour partager entre quelques-uns un pouvoir qui rend immobile, tout en traitant les opposants d’archaïques.

Au fil des mois qui me rapprochent de la campagne officielle, sachez que je travaille avec mon entourage, autour de l’élaboration du projet stratégique que me demandera le CSA pour valider ma candidature. Il y sera question d’information, de programmes, mais aussi des finances,  d’emploi, de stratégie pour le numérique, de dialogue social et de réforme des instances représentatives du personnel, dans le respect de la loi qui s’impose à toutes et à tous.

En attendant continuez à suivre ce blog, bientôt au quotidien, je vais vous parler des coulisses d’une entreprise qui a perdu le nord. Ici, en vente libre je propose quelques boussoles.

Affaire Bygmalion-France Télévisions: Michel Sapin voit rouge – L’Express

Dilapidation de fonds publiques et arrosage d’une société de conseil : le ministre  des Finances, Michel sapin, a piqué une belle colère en début de semaine, scandalisé par les révélations en chaine concernant les liens entre France Télévisions et Bygmalion. Car jour après jour, ce qui semblait en avril dernier, lors des premières investigations du juge Renaud Van Ruymbeke, n’être « que » l’affaire de deux contrats isolés passés par le groupe présidé par Rémy Pflimlin à l’ancienne société de Bastien Millot, prend aujourd’hui l’allure d’une véritable cash-machine.

lire la suite  ici  http://blogs.lexpress.fr/media/2014/06/18/affaire-bygmalion-france-televisions-michel-sapin-voit-rouge/

Les premiers sacrifiés

Ces derniers jours dans la presse, leur avenir n’a tenu qu’à un fil.
Celui tendu entre deux inégalités par Funambule, cette CDD anonyme qui, dans Télérama, avait crié son dégoût pour une entreprise qui abime ses précaires.
Cette société c’est France Télévisions. Et Funambule est devenue le symbole des contrats à durée déterminée, victimes depuis des années d’un plan social sourd, aveugle mais qui ne doit pas rendre muet.
Certains sont allés aux prud’hommes, pour des procès gagnés pour la plupart. Au bout du périple, des requalifications, pour d’autres un chèque comme point de non retour à la case travail. Après des années de bons et loyaux services, un jour, plus rien. Des contrats de plus en plus rares, des contrats de plus en plus courts, puis des jours ici où là, puis plus rien .
100, 200, 300, contrats, dans les différentes rédactions de France 3, le plus souvent. Et d’un coup d’un seul, le vide. Le couperet social, la fin du parcours. Merci pour tout, mais il nous faut réduire la précarité .Comprenez par là, il nous faut réduire les précaires .

Et France Télévisions depuis plus de deux ans, s’emploie à le faire avec un zèle détestable. Nombreux sont ceux qui ne travaillent plus pour l’entreprise, entre RSA et pôle emploi, quant aux autres ils ont des contrats qui ne correspondent pas à leur activité réelle, pour cause de nouvelles règles de temps de travail qui leurs sont plus que défavorables, parce que mal appliquées à leur endroit .
Mal traité, éjecté, sous payé: où est le moindre des respects pour des salariés qui font le même travail que les titulaires ?
CDD n’est pas un métier, c’est juste un statut, mais à France Télévisions c’est un fardeau.
Sans démagogie aucune, ni récupération déplacée, sachez qu’au quotidien, avec l’organisation syndicale dont je suis membre, nous n’avons de cesse de les défendre, pour que leurs droits soient respectés. Et nous ne sommes pas les seuls.
Nous sommes ( comme nous le faisons déjà ) prêts à les soutenir, si ils décident d’aller en justice, pour faire valoir leurs droits.
La précarité ne peut pas être un moyen de gestion, tant elle fragilise les précaires, jusqu’à devenir des « Kleenex », du jour au lendemain, parfois après une dizaine d’années de collaboration.
Souvent dans nos journaux, des reportages s’intéressent au désarroi des précaires. Pas la peine d’aller très loin, confrères et consœurs, regardez tout simplement autour de vous, dans vos rédactions, ils sont là, où plutôt il y’a peu, ils étaient encore là.
Inhumain, ce mot suffit pour moi à résumer, ce qui ne doit plus exister dans une entreprise et en particulier dans celle qui nous intéresse ici.
Si, dans quelques mois, je suis auditionné par le CSA, c’est un point que je n’oublierai pas de développer, pour que soient régularisés les nombreux salariés précaires, oubliés sur le bord du chemin. Avant qu’il ne soit trop tard, et pour beaucoup il est urgent d’agir .

L’Elysée lance son candidat

 

La Lettre de l’Audiovisuel révèle aujourd’hui que David Kessler, ancien conseiller audiovisuel de François Hollande à l’Elysée, serait donc candidat à la présidence de France Télévisions.

Une concurrence bien déloyale, puisqu’il me semble que ce monsieur a travaillé avec Lionel Jospin, à l’époque (1997-2002) où le cabinet du premier ministre était dirigé par… Olivier Schrameck… le président du CSA. Un conseil supérieur de l’audiovisuel en charge de la désignation du futur PDG de France télévisions…

Voilà donc le candidat de l’Elysée dans les starting blocks. Peu importe, ça me fera une émulation supplémentaire.

A croire que l’Elysée envoie son candidat au feu, pour éviter qu’un simple salarié puisse avoir réellement ses chances. Mais je ne doute pas que le CSA saura, à minima, accepter ma candidature pour laisser le représentant des salariés concourir, et donner ainsi sa vision de la télévision publique, que l’Elysée laisse dépérir depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir.

Mais patience, attendons le projet stratégique du candidat présidentiel, sans doute en rupture avec ce qui se fait depuis des années….. avec la bénédiction du pouvoir, en tout cas dans un silence plus que coupable.

 

Lanceur d’alerte

Hier, la journée a été difficile. C’était jour de Comité Central d’Entreprise. Chaque organisation syndicale y va de son diagnostic, mais il est une affaire qui domine tout. Le volet France Télévisions de l’affaire Bygmalion.

Deux syndicats ont réclamé l’ouverture d’une enquête parlementaire, une autre considère cela comme irresponsable. A chacun son linge sale et à chacun de décider ou pas de le laver en famille. Mais une chose est sûre. La tutelle doit agir.

Respecter la présomption d’innocence, ne pas confondre témoin assisté et mise en examen, ne pas mélanger suspicion et instruction, tout cela est indiscutable. Mais ce qui secoue aujourd’hui France Télévisions n’est que le début, sans nul doute, d’un futur tsunami judiciaire, qui pourrait emporter au-delà de ses dirigeants, la totalité de l’entreprise.

Votre télévision publique est aujourd’hui menacée par plusieurs maux. Les intérêts croisés, les soupçons de détournement de fonds publics, les effets pervers de l’entreprise unique devenue entreprise inique, sans parler des nombreux dysfonctionnements coupables qui jettent les salariés dans un désarroi professionnel et psychologique inquiétants. Ma candidature s’inscrit dans cette seule volonté de défendre la télévision publique, parce que ses salariés en valent tous la peine.

Ce sont des erreurs stratégiques, des sales coups politiques, et si la justice l’écrit, des fautes graves et condamnables, qui nous rapprochent aujourd’hui du mur de la honte.

A cet instant, solennellement, je pense qu’il est utile de demander que tout cela cesse. Il est utile de demander que quelqu’un siffle la fin de la triste récréation, pour que notre entreprise retrouve des équilibres nécessaires et une inévitable sérénité. Je veux bien accepter d’avoir tort à court et moyen terme. Nous en reparlerons ici, bientôt .

Je ne sais pas jusqu’où ira ma démarche, cette candidature à la présidence, mais si au moins mes mots sont des alertes, alors j’ai déjà marqué des points.

Bastien Millot et Rémy Pflimlin : jamais deux contrats sans trois – Libération

L’autre affaire Bygmalion , qui met en lumière plusieurs contrats signés entre l’ancienne et l’actuelle présidence de France Télévisions avec la société de Bastien Millot, proche de Jean-François Copé, est à tiroirs. Dans son édition de ce mercredi, le Canard enchaîné révèle l’existence d’un autre contrat, de 180 000 euros, signé sous la présidence de Rémy Pflimlin.

Lire la suite ici  : http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/06/10/bastien-millot-et-remy-pflimlin-jamais-deux-contrats-sans-trois_1037845

Carolis déraciné – Libération

Mis en examen pour «favoritisme» et soupçonné d’avoir touché de l’argent en retour, l’ex-président de France Télévisions a été suspendu de l’antenne par son successeur, Rémy Pflimlin.

«Passion patrimoine.» Forcément, l’intitulé de la collection des Racines et des ailes que Patrick de Carolis présentait encore mercredi sur France 3 peut prêter à sourire quand on sait le bain de soupçons dans lequel l’affaire Bygmalion a plongé l’ancien président de France Télévisions. Oui, l’affaire Bygmalion, du moins l’autre affaire mais qui, tant dans son volet UMP que France Télévisions, aboutit au même dégommage VIP : après celui de Jean-François Copé, c’est au tour de Patrick de Carolis….

lire la suite ici http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/06/06/bygmalion-carolis-deracine_1035532